| Le Togolais.com du 2 Juillet 2002
Déclaration d’Agbeyome KODJO : il est temps d’espérer Au cours de ces trente dernières années, je me suis investi corps et âme dans l’action politique pour apporter à mon pays la contribution qu’il était en droit d’attendre de tous ses fils qui ont eu de la chance de faire des études supérieures et qui, de ce fait, par obligation citoyenne, se doivent d’accompagner le mouvement historique de transformation politique de nos sociétés amorcé dès la fin de la première guerre mondiale. Depuis le début des années 70, je n’ai eu de cesse
de participer au combat politique au sein du Rassemblement du Peuple Togolais
(RPT) dont l’idéologie et le programme répondaient
aux exigences de développement de notre pays ; rassemblement de
tous les Togolais sans exclusive du Nord au Sud, de l’Est à
l’Ouest en vus de bâtir une nation moderne réconciliée
et solidaire à l’intérieur de ses frontières,
attachée à l’unité africaine et ouverte sur
le monde pour s’enrichir de la sève de l’efficacité
technicienne, de la fécondation réciproque des cultures,
de la justice et de la liberté. Au cours de cette période,
notre engagement politique a connu des hauts et des bas mais à
aucun moment nous n’avons cessé d’être fidèle
à notre famille politique et aux intérêts supérieurs
du Peuple Togolais. En prenant de la hauteur par rapport aux manœuvres incongrues du
sérail politique et des thuriféraires falots et cupides
d’un système décadent. Pour avoir été au cœur de l’action politique
à des niveaux de responsabilités qui passent expérience
et qui éclairent l’avenir, je ne saurais donc longtemps garder
le silence sur les dangers que comporte pour notre pays l’absence
de toute ambition collective et le recours à des méthodes
surannées e diabolisation et d’humiliation des cadres et
des Hauts Responsables de notre Parti qui, en toute bonne foi, cherchent
à mettre fin à une situation de crise intolérable
pour une Nation dont l’espérance est compromise depuis une
décennie par une lutte politique de mauvais aloi, à le moderniser
pour mieux l’adapter aux exigences du monde moderne. Pour l’essentiel, je voudrais, à l’adresse de nos compatriotes, réitérer mon adhésion aux grands principes qui doivent sous-tendre l’action politique, les éclairer sur les dysfonctionnements qui ont entravé l’action du Gouvernement au cours des ces derniers 21 mois, sur leur origine, leurs effets et leur lancer un appel pressant pour qu’ils prennent leurs responsabilités face à l’histoire pour l’avènement de nouvelles méthodes de gouvernement et de conduite de l’action politique. 1. RAPPEL DES GRANDS PRINCIPES DE L’ACTION POLITIQUE Il y a un peu moins de 21 mois lorsque nous avions présenté la déclaration politique générale du VIIème gouvernement de la IVème République devant la Représentation nationale et, par delà cette Auguste Assemblée, à la nation togolaise toute entière, nous étions non seulement mus par de grands idéaux qui fondent les grandes Nations, c’est-à-dire ceux de justice, de liberté, de fraternité, de respect des droits de l’homme, d’amour du prochain mais aussi par la ferme détermination de contribuer, grâce à notre expérience et au soutien de tous les Togolais à relever le défi de la pauvreté, à poursuivre sans relâche le dialogue politique, à favoriser l’unité et la cohésion nationale, à offrir à tous les Togolais sans exclusive de nouvelles chances pour sortir notre pays du déclin infernal et de la désespérance. Nous avions, avec force, affirmé que l’homme doit être au début comme à la fin du champ politique « le seul être à côté duquel il n’en existe pas de plus grand ». cet homme qui, dans son ipséité, est, un autre soi-même, est, de l’avis de tous les spécialistes avertis, au début comme à la fin du processus de développement c’est-à-dire l’acteur et le bénéficiaire de toutes les transformations quantitatives et qualitatives qui affectent les cycles de la vie individuelle et collective. C’est avec cette vision du monde qu nous avons voulu partager avec nos compatriotes longtemps soumis à un populisme suranné. C’est par cette mission du monde que nous avons voulu promouvoir l’espérance de mon pays dans les lendemains meilleurs car il ne saurait exister de fatalité face aux défis de sous-développement mais une volonté consciente et exigeante la force créatrice de l’esprit et de l’efficacité de l’action. Notre volonté d’offrir à nos compatriotes de nouvelles chances de régénérescence était d’autant plus forte qu’à l’orée du troisième millénaire, l’ampleur des mutations scientifiques ; technologiques, économiques, financières et sociales étaient telles que les Nations mues par une vision prométhéenne de l’Histoire pouvaient survivre et prospérer face à l’exacerbation de la concurrence internationale et au risque permanent d’incertitude qu’engendrent la volatilité des marchés, la spéculation financière, la succession rapide des cycles économiques, la persistance d’un protectionnisme ainsi que les stratégies de domination des pays développés. Notre ambition, c’est de construire la chaîne des générations,
de renforcer la solidarité entre toutes les filles et fils de notre
pays, de donner à la jeunesse les moyens de son épanouissement
matériel, intellectuel et moral, d’accroître ses capacités
de générosités, son sens du sacrifice, sa force d’intégration
et de rédemption des errements du passé. C’est pourquoi, nombreux et graves sont les dysfonctionnements introduits dans l’Etat et ses divers démembrements qui ont entravé l’action du Gouvernement au cours de ces derniers 21 mois. 2. LES DYSFONCTIONNEMENTS DE L’ETAT Ces dysfonctionnements se traduisent par le déclin de l’autorité de l’Etat, l’inefficacité de la fonction publique, l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques, l’isolement diplomatique de notre pays, le marasme économique et financier, la gestion patrimoniale et opaques des finances publiques. 2.1-le déclin de l’Autorité de l’Etat Bien qu’étant ordonnateur du budget, il m’a été pratiquement impossible de donner des instructions pour le paiement de la moindre dette publique, d’ordonner le paiement de salaires sans le contreseing du Président de la République. Les ressources de l’Etat sont gérées de façon opaque, ce qui crée au passage un système dans lequel le Premier Ministre et le Ministre de l’économie, des Finances et des Privatisations sont dépourvues de tout pouvoir d’initiative, le premier, privé de la maîtrise du processus de décision, le second devenu un chef comptable tandis que le Directeur de l’ Agence nationale de la BCEAO devenait trésorier-payeur de l’Etat togolais. Ainsi les recettes fiscales et douanières de l’Etat sont versées dans un compte unique à la BCEAO placé sous le contrôle du Président de la République qui autorise lui-m^me toutes les dépenses sans consultation du Premier Ministre. En l’absence de tout contrôle, ce système laisse la porte ouverte à tous les abus depuis les prélèvements sans justification à la source dans les régies financières de l’Etat avent le versement des recettes fiscales et douanières sur le compte ouvert dans les écritures de la BCEAO. D’autres dysfonctionnements non moins pernicieux affectent l’efficacité de l’action publique notamment la forte allégeance requise des membres du Gouvernement tout comme les Directeurs des sociétés d’Etat envers la personne du Président de la République, ce qui les oblige à ne rendre compte de leurs actes qu’au chef de l’Etat faisant ainsi de la fonction du Premier Ministre un ersatz administratif au mépris des dispositions de la Loi fondamentale de notre pays notamment dans ses articles 76 à 78. Ces articles donnent au Premier Ministre pouvoir de déterminer et de conduire la politique de la Nation, de diriger l’action du Gouvernement et de coordonner les fonctions de ses membres. Or le Président de la République agit comme si nous étions dans un régime d’exception, assurant le contrôle des trois pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Rien d’étonnant dès lors que ces dysfonctionnements engendrent des comportements irresponsables chez certains agents de l’Etat, encouragés dans leurs actes d’insoumission voire de rébellion par des milieux obscurs qui semblent se délecter dans ces opérations de déstabilisation et de sabotage de l’action publique. Sinon comment expliquer que certains responsables de sociétés
d’Etat se soient publiquement attaqués au Premier Ministre,
Chef du Gouvernement en se livrant en toute impunité dans les Médias
de l’Etat à des critiques malveillantes à son encontre.
Le procédé est non seulement surprenant, mais il est aussi
insolent au sens etymologique du terme car il fait entorse aux règles
qui président au fonctionnement de l’Etat, à l’organisation
de ses rapports avec ses démembrements et au respect de la hiérarchie
dans un Etat républicain. Dans le même registre le Président de la Commission nationale
de lutte contre la corruption et le sabotage économique créée
à l’initiative du Premier Ministre et qui relève sur
le plan administratif de l’autorité du gouvernement s’en
est pris tout récemment à deux reprises au Premier Ministre
dans des correspondances indignes d’un grand serviteur d’Etat. 2.2 – l’inefficacité de la fonction publique dans la fonction publique fragilisée par la grève générale illimitée de 1992-1993, des fonctionnaires compétents, suspectés d’avoir souteu le mouvement furent mis au placard, ce qui a entraîné une baisse de la qualité de l’encadrement. Des promotions ont été faites sur la base de critères partisans ce qui explique en partie l’inefficacité de l’action publique. Aujourd’hui face aux besoins en cadres de notre pays, l’Etat est incapable de renouveler les compétences laissant l’administration entre les mains de fonctionnaires temporaires souvent mal payés, sans moyens de travail, et dont la qualification mérite d’être renforcée. 2.3 – l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques la justice est instrumentalisée à des fins politiques, soumises aux interventions intempestives d’intérêts particuliers. Ainsi d’honnêtes citoyens sont détenus en toute illégalité au-delà du délai légal de garde à vue, sans assistance judiciaire ; d’autres condamnés, à de lourdes peines de prison par une main invisible n’hésite pas à corrompre les magistrats en vue de vaincre leur résistance devant l’ignominie et l’iniquité. Une justice aux ordres du Prince est donc une menace pour le développement de notre pays. Un danger pour la paix sociale, la concorde nationale et la sécurité. 2.4 – l’isolement diplomatique de notre pays notre diplomatie fait piètre figure sur la scène internationale
car les turpitudes du régime, le mensonge et le double langage,
la fausse apparence de respectabilité et d’honorabilité
dont cherche à se parer le Chef de l’Etat ne trompent personne
si ce n’est lui-m^me et ses missi dominici avides de gains faciles. 2.5 – le marasme économique et financier l’économie togolaise continue à souffrir de la suspension de la coopération avec l’Union européenne. Au cours de l’année 2001, sa compétitivité a été mise à mal par la contraction du volume des produits exportés à l’exception du ciment et des phosphates entraînant une aggravation du déficit de la balance commerciale et le financement de ce dernier par une ponction sur les avoirs extérieurs et une accumulation des arriérés. Ces derniers entraînent bien évidemment des suspensions par les bailleurs de fonds des décaissements au profit de projets en cours de réalisation. Ainsi faute d’avoir pu payer 1.484 milliards de FCFA au groupe
de la BAD/FAD, notre pays n’a pas pu recueillir 32 milliards de
FCFA pour le financement des projets en cours dans les secteurs de l’Education,
de la santé et des infrastructures de communication. Un effort
réel aurait du être fait, mais malheureusement, faute de
détenir le pouvoir de décision, le Premier Ministre n’a
pu exercer un choix conforme aux intérêts de notre pays à
ceux de la jeunesse et des populations les plus défavorisés.
Dès les premiers jours de sa nomination, le Premier Ministre n’a
pas eu les coudées franches pour mettre en œuvre une véritable
politique de relance économique dans un pays sous sanction en desserrant
les contraintes qu’imposent à notre pays ses relations avec
certains bailleurs de fonds internationaux et son appartenance à
des groupements régionaux et sous-régionaux. Il aurait fallu
négocier un moratoire pour le remboursement de la dette interne,
suspendre la mise en œuvre de certaines taxes, telle que la taxe
de résidence, les taxes sur les taxi-motos et sur les activités
des micro-entreprises du secteur informel, suspendre la privatisation
des entreprises dont le transfert au secteur privé devait se traduire
par une augmentation des prix de leurs services, en l’occurrence
l’électricité. 2.6 – la gestion patrimoniale des fiances publiques la gestion des finances publiques laisse à désirer. Il faut admettre que les recettes mensuelles de l’Etat devraient suffire à couvrir les besoins élémentaires notamment les salaires, les bourses, les pensions et les dépenses publique s prioritaires en faveur de la lutte contre la pauvreté. Or, les recettes des régies financières de l’Etat, notamment les Douanes et les impôts versés aux guichets de la BCEAO s’effectuent de façon irrégulière et désordonnée, ce qui rend malaisé un rapprochement des comptes de la Banque Centrale avec ceux des Impôts et des Douanes. Tout laisse à penser que devant un Ministre de l’économie, des Finances et des Privatisations, impuissant et dépourvu de tout pouvoir, des prélèvements à la source sont opérés dans les régies financières de l’Etat, ce qui a pour conséquence l’accumulation des arriérés intérieurs notamment sur les salaires et les pensions des retraités, des veuves et des orphelins. Outre les arriérés des années 1999 et 2000, 6 mois d’impayés sont enregistrés au cours de l’année 2001 au détriment des retraités. Les sociétés d’Etat sont victimes d’une mauvaise gestion et d’un racket scandaleux. A l’OTP, le passif exigible de la gestion de ces 5 dernières
années a été porté de 12 milliards de FCFA
à 80 milliards à la veille de l’opération de
privatisation sur lesquels une bonne parti a servi à couvrir les
besoins de LOME II. Au Port Autonome de Lomé, les malversations sont aussi monnaie
courante, le Directeur Général prélève par
semaine au profit de Lomé II, 25 millions de FCFA soit 100 millions
par mois ou 1.2 milliard par an. Les marchés publics sont truqués au profit de parents ou
d’amis. Généralement, quand elles ne profitent pas au clan familial du Chef de l’Etat, les privatisations aboutissent difficilement. Bien évidemment, la Commission nationale de lutte contre la corruption et le sabotage économique est muette sur cette gigantesque prévarication bien qu‘elle en détienne des preuves. Ces malversations relèvent d’une haute trahison de la part de celui qui en assure la protection de façon délibérée. Pendant ce temps là, la commission s’acharne par des méthodes illégales sur les citoyens togolais, au mépris de la présomption d’innocence , du secret de l’instruction, de la justice et de l’équité. On ne saurait donc s’étonner que de telles pratiques aient conduit à la faillite de notre pays. Les bénéficiaires de cette gigantesque malversation sont ceux là même qui accusaient les anciens responsables politiques d’avoir jadis sacrifié les intérêts du Togo sur l’autel de leurs intérêts personnels. Pendant qu’ils redoublent d’ardeur dans les opérations
de détournements et se réjouissent des montants faramineux
de leurs avoirs, les hôpitaux et les Centres de santé sont
dépourvus du minimum requis pour leur fonctionnement, les salles
de classes manquent de matériels didactiques tout comme l’Université
de Lomé devenue le souffre-douleur de tous les fossoyeurs impénitents
du savoir et de la culture. Les bourses ne sont pas payées aux
étudiants, ce qui témoigne du peu d’intérêt
que l’on porte à l’avenir de la jeunesse et de la Nation.
Les étudiants diplômés de l’Université
de Lomé sont acculés à conduire des taxi-moto, les
Togolais croupissent dans la misère, meurent chaque jour faute
de ressources pour acheter les médicaments, pendant que les pères
et les mères de famille subviennent difficilement aux besoins de
leurs enfants, condamnés souvent à un repas par jour. Certains
parents, en désespoir de cause, vendent leurs enfants à
des gens peu scrupuleux. Dans le contexte de crise que vit notre pays, la dilapidation des ressources de l’Etat s’apparente à un crime contre l(humanité car près de1.2 milliard de FCFA est dilapidé chaque mois pour récompenser une horde de courtisans, des marcheurs professionnels, des communicants et des juristes véreux, de faux opposants et de politicards mal dégrossis en quête de notoriété. 3. L’ORIGINE DES DYSFONCTIONNEMENTS. Tous ces dysfonctionnements ont pour cause profonde une gestion patrimoniale de l’Etat. En dépit des difficultés économiques et financières que traverse notre pays depuis une dizaine d’années, de l’isolement financier et quasi diplomatique de notre pays, le régime ne continue pas moins de mener une politique dispendieuse au mépris des souffrances et de la misère de nos concitoyens. Les ponctions intempestives et récurrentes dans les régies financières de l’Etat tout comme dans les trésoreries des Sociétés d’Etat engendrent des malversations insoupçonnées permettant aux passeurs de fonds de se servir royalement, mettant à mal la politique de redressement économique et financier du Gouvernement, nos engagements vis à vis des bailleurs de fonds notamment la Banque Mondiale et le Fonds monétaire international, compromettent notre politique de lutte contre la pauvreté. Cette politique dispendieuse est à l’origine de la misère qui affecte l’ensemble des couches sociales de notre pays qui vivent dans la désespérance totale et le mépris. Même notre propre famille est traitée avec condescendance comme en témoigne la manière brutale et intolérante avec laquelle les déclarations de Dahuku PERE ont été accueillies. Elle illustre une fois de plus le règne de la pensée unique, de méthodes artisanales d’humiliation des responsables politiques éclairés. Elle témoigne de cette fermeture prématurée et permanente à l’appel de la Raison et aux vertus enrichissante du vrai Peuple, dans toutes ses composantes ethniques sans exclusive et qui constituent la force charnelle de notre Histoire commune. Et comme le disait Alexis de Tocqueville, lorsque le passé n’éclaire plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres. Depuis 1967, le monde a beaucoup changé, mais le Chef de l’Etat s’accroche obstinément à un passé révolu et se délecte dans un combat surréaliste avec les fantômes des premiers dirigeants de notre pays. Or les militants du RPT, les cadres du Parti, les Togolais ont changé car ils veulent exister et se réaliser pleinement, préparer les mutations de demain grâce à la maîtrise des nouvelles technologies du vivant, de l’Information et de la Communication ; ils veulent mettre le Togo en mouvement et offrir à leurs enfants un monde de sécurité, de paix et de prospérité. 4. LES EFFETS DE CES DYSFONCTIONNEMENTS Aujourd’hui notre pays fait les frais de cette politique irrationnelle.
Les investissements étrangers ne se bousculent point aux portes
de notre pays ; le Gouvernement paie difficilement la dette extérieure
évaluée en 1999 à 1.5 milliard de dollars de sorte
que les arriérés s’accumulent hypothéquant
ainsi gravement l’avenir du pays et particulièrement de la
jeunesse. 5. DE L’URGENCE D’UN NOUVEAU SYSTEME DE GOUVERNEMENT Dans un monde en pleine mutation et au moment où l’Histoire
Universelle accouche d’une nouvelle civilisation, il est temps que
le Togo et les Togolais retrouvent le chemin de la Vérité,
de la Justice, de l’Amour du prochain, de la Solidarité et
de l’Espoir. Il faut donc mettre fin à ces pratiques intolérables
qui épuisent nos énergies dans des combats d’arrière
garde, renforcer le processus de démocratisation de notre pays
par des élections libres, transparentes et équitables. Promouvoir
l’Etat de droit et le respect des droits de l’homme. Avec
son crédo : « si ce que je fais est bon, que Dieu me laisse
continuer, mais si ce que je fais est mauvais, qu’il me barre la
route », EYADEMA a la fausse certitude qu’il est est natus
ad impérium. Il faut dons reprendre sans tarder le dialogue intertogolais avec des
modérateurs nationaux, abroger le code électoral modifié
unilatéralement par la mouvance présidentielle, préparer
les échéances électorales futures dont notre pays
ne saurait faire l’économie. Il est donc temps de mettre
fin aux souffrances du peuple togolais. Pour ce faire seule une génération
d’hommes et de femmes aimant le Togo et les Togolais est susceptible
d’offrir à notre pays de nouvelles chances de survie et de
prospérité. Il faut donner toutes les chances aux femmes
et aux hommes de talent dont regorge notre pays et qui aiment profondément
le Togo. L’ingénieur ne saurait être l’ennemi
de l’ouvrier, le Professeur de l’instituteur, le Médecin,
l’ennemi du tradithérapeuthe, le civil celui du soldat, tous,
autant qu’ils sont, doivent rassembler leurs talents pour bâtir
une Nation prospère. Il faut donc restituer à la Nation
togolaise son sens de l’unité et de la solidarité. AGBEYOME MESSAN KODJO.PREMIER MINISTRE. ANCIEN PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE
NATIONALE. ANCIEN MINISTRE MEMBRE DU BUREAU POLITIQUE RU RASSEMBLEMENT
DU PEUPLE TOGOLAIS (RPT). |